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T2A, Toujours plus de critiques contre la logique comptable en cours à l'Hôpital

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Un témoignage rapporté dans les Echos de Thierry de Baere Radiologue à l'Institut de cancérologie Gustave Roussy de Villejuif.

Le système de tarification qui régit la rémunération des actes médicaux et celui de l'hôpital sont un frein à la diffusion de l'innovation. La technique d'ablation par radiofréquence a fait ses preuves dans le cancer primitif du foie où elle est devenue le traitement en première indication pour les tumeurs de petite taille. Pourtant, dans le cadre actuel de rémunération des actes hospitaliers, cette technique ne peut pas se diffuser largement. En effet, aujourd'hui, on ne peut pas officiellement être hospitalisé pour bénéficier d'une ablation de tumeur par radiofréquence, car il n'y a pas de groupe homogène de séjour (GHS) - catégorie de rémunération de l'hôpital - correspondante. Si on est hospitalisé pour une tumeur du foie ou du pancréas, il n'y a que deux GHS possibles : « intervention sur foie, pancréas, veine porte » ou « tumeur maligne hépatobiliaire ou pancréas sans acte opératoire ». Le premier correspond à une intervention chirurgicale et rapporte 9.041,94 euros à l'hôpital. Le second, regroupe tous les autres types de traitements, dont l'ablation par radiofréquence, et rapporte 2.683,01 euros. A condition toutefois que le malade reste au moins deux jours. Dans le cas contraire, l'hôpital ne reçoit que 561,17 euros. Une aberration : « Alors que l'ablation par radiofréquence peut se faire en ambulatoire, on a donc intérêt à garder les patients deux jours », observe Thierry de Baere.

La rémunération de l'équipe médicale relève, elle, de la CCAM (classification commune des actes médicaux). La radiofréquence appliquée aux petites tumeurs hépatiques y figure bien, mais elle est tarifée 76,80 euros, ce qui ne tient guère compte de la sophistication du geste. Quant à la radiofréquence appliquée aux petites tumeurs du poumon ou du rein, elle n'existe pas, pour l'instant. A défaut, on la facture donc comme une biopsie, soit 96 euros. « Ce sont des tarifs qui dissuadent toute velléité d'y recourir dans une structure privée », observe Thierry de Baere, car on ne peut pas gagner ainsi sa vie. Ce qui empêche une large diffusion de cette technique de traitement.

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