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Le CSHT écrit aux maires des communes des environs de Tarare

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Tarare, le 23/09/2010

Madame, Monsieur le maire,

URGENCE... URGENCES

Comme vous avez pu le constater l'action menée par notre comité depuis six ans en faveur du scanner, a porté ses fruits et aujourd'hui nous vous appelons encore à agir en faveur de notre hôpital.

Les réductions des services de chirurgie et d'urgences qui s'annoncent dans le cadre de la loi HPST n'ont qu'un but : resserrer les budgets.

Malheureusement, en ignorant les conséquences sanitaires que cela peut avoir sur la population. Aucune étude apportant une réponse objective et globale n'a été réalisée dans ce sens(1). Mais, par exemple, très récemment une étude réalisée par le gérontopole de Toulouse soulignait combien les allers et retour entre maison de retraite et hôpital fragilise les personnes agées(2). Nous avons la chance à Tarare d'avoir les deux sur le même lieu, il faut conserver cet atout, avec tous les services actuels.

Il faut pourtant être lucide, la suppression de la chirurgie au CH de Tarare(3) qui sera mise en place dans le cadre de la nouvelle communauté hospitalière de territoire , renverra en urgence des malades sur Villefranche(4) et sera préjudiciable aux populations des communes les plus éloignées avec risques de complications sanitaires (donc finalement surcoût financier). Cette suppression causera également des problèmes financiers majeurs pour les personnes les plus défavorisées dont on sait qu'elles sont nombreuses à Tarare et ses environs(4).

Avancer le « trou de la Sécu » pour justifier la casse de l'hôpital public est extrêmement ambigu. Rappelons que le financement de la Sécurité Sociale relève d'un contrat de solidarité nationale et reste ré-aménageable comme l'avait souligné Monsieur Philippe Seguin président de la Cour des Comptes devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale(7). La santé publique ne peut être considérée comme une marchandise ordinaire(8). L'augmentation des dépenses de santé se justifie par l'amélioration des conditions de vie et nécessite forcément un réaménagement du budget de la sécurité sociale et non plus la construction artificielle d'un déficit.

La fermeture de la chirurgie de Tarare et par suite des urgences ne se fera pas au profit de l'hôpital public. En fait nous assistons à une réduction de plus en plus importante des services publics hospitaliers remplacés par des cliniques ou hôpitaux privés(8) qui, s'ils sont prétendument moins cher pour l'assurance maladie reviennent beaucoup plus cher aux individus, en particulier aux cinq millions de personnes qui n'ont pas de mutuelle et à ceux qui n'ont pas les moyens de se payer l'une de celles qui leur remboursent les dépassements d'honoraires(9). Nous pensons qu'il faut réagir. Toute action de votre part en faveur du maintien et du développement des services de notre hôpital ne pourra qu'aider le personnel de cet établissement, en qui nous avons confiance, à élaborer et défendre un projet ambitieux ou, au moins, à limiter la casse . Merci de nous tenir au courant des actions que vous allez mener.

En espérant un soutien appuyé de tous les élus des communes qui dépendent de l'Hôpital, nous vous prions d'accepter nos meilleures salutations citoyennes.

Le Bureau du comité

Notes 1 Ce genre d'étude est tout à fait réalisable par comparaison de territoires ne différant que par les temps d'accès à des services d'urgence, ou par la présence ou non d'une chirurgie.

Par ailleurs les comptages d'accidents dus aux temps de parcours ne sont pas rendus public. Combien d'accouchements dans les véhicules des pompiers ou sur les routes ? Six mois après la fermeture de la maternité de Tarare, on comptait déjà six accouchements hors maternité (Le pays du 15/10/04 : "Ma femme aurait pu accoucher à Tarare"). Duranrt la période neigeuse de cet hiver plusieurs accouchement se sont fait hors maternité (voir article presse locale). Combien de décès ou de complications évitables avec une prise en charge rapide ?

Enfin notons que plusieurs communes relevant du secteur du SMUR de Tarare vont se trouver la nuit et le week-end à plus de 45 minutes d'un service d'urgence équipé d'une chirurgie sur place. 2 Voir Le Monde du 03.06.10 « Les nombreux allers-retours entre maison de retraite et hôpital fragilisent les personnes très âgées »

3 Compte tenu du décret arrêté fixant un seuil minimal de 1500 actes annuels pour les services de chirurgie déjà annoncé dans notre précédent courrier

4 L'allongement des temps de trajet est consultable sur notre site article "SMUR temps d'accès dans les environs du CH de Tarare" http://csht.medicalistes.org/spip.p...

5 Voire l'article du Progrès du 4/9/10 annonçant que rien que sur Tarare le tiers de la population vivait avec moins de 405 euros par mois

6 Monsieur Philippe Seguin estimait le 16/09/2009 que ne pas revoir le financement de la sécurité sociale, entraînerait l'explosion assurée du système et que le report de charges vers les mutuelles avait "un caractère anti-redistributif" et donc contraire aux principes de base de la sécurité sociale (Dépêche APM : Philippe Séguin estime urgent de revoir le financement de la sécurité sociale http://www.unam.fr/actualite-altern...) et l'article du monde "Le gouvernement laisse filer le déficit de la Sécurité sociale en 2010" 'Le Monde du 02.10.09.

7 Voir l'article du Monde diplomatique "Hôpital : comment créer un marché qui n'existe pas" d'André Grimaldi Chef du Service de diabétologie du groupe hospitalier Pitié Salpêtrière (Paris), auteur de L'Hôpital malade de la rentabilité, Fayard, 2009. (http://www.monde-diplomatique.fr/20...)

8 Jean-Loup Durousset président de la Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP) rappelle, lors de la récente adhésion de la FHP au MEDEF, que le secteur hospitalier privé est envisagé aujourd'hui comme un acteur économique à part entière, au même titre que l'industrie ou le commerce. Mais contrairement au MEDEF la FHP défend la sécurité social car, souligne-t-il sans vergogne : « Nous sommes en ce qui nous concerne attachés à la sécurité sociale qui solvabilise notre secteur et qui a permis notre développement » . Voir l'interview de JL Durousset sur le site : http://www.viadeo.com/hub/affichefi...

9 Rappelons que malgré la CMU 5 millions de personnes n'ont pas de mutuelles (lire par exemple "Enquête sur les cinq millions de Français sans mutuelle" Le monde du 29.09.08)

10 Cela peut être par exemple une prise de position de la part de votre conseil municipal ou l'organisation d'une information auprès de la population Nous vous demandons aussi de bien vouloir rechercher et nous transmettre les informations que vous pourriez avoir sur ce dossier dans le cadre de votre ministère public

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